L'iconographie est l'étude de la signification des images. Le terme peut s'appliquer au portrait (l'iconographie de Mozart par exemple), et les archéologues l'emploient généralement dans ce sens. Les historiens d'art lui donnent en revanche une acception plus large, pour désigner la discipline dont l'objet principal est l'identification et la classification du thème des œuvres d'art. On emploie parfois de façon synonyme le mot iconologie, bien qu'il soit plus correct et plus utile de le réserver pour une plus vaste interprétation du sens d'une œuvre d'art au sein d'une culture spécifique.
Erwin Panofsky a décrit trois degrés d'interprétation (Studies in Iconology, New York, 1939). Le premier, préiconographique, détermine le sujet principal ou naturel, à la fois descriptif et expressif, par exemple un homme qui se hâte en en portant un autre plus vieux et en conduisant un enfant, une femme coiffée d'un bonnet phrygien, un homme tenant un œillet. Le deuxième degré, iconographique, identifie le thème secondaire ou conventionnel : Énée avec Anchise et Ascagne, la personnification de la Liberté, un portrait de Dürer. Enfin, l'interprétation iconologique voit dans le thème d'Énée et d'Anchise un exemple de piété filiale, rattache la personnification de la Liberté aux images de la Révolution française ou montre comment l'œillet identifie Dürer à un homme amoureux. Panofsky conduit l'interprétation iconologique plus loin que d'autres auteurs : il y ajoute l'examen des caractéristiques stylistiques et formelles employées parfois inconsciemment par l'artiste, mais qui, pour l'historien, révèlent des attitudes et des choix propres à une époque ou à un lieu particuliers, et qui éclairent la situation culturelle dans laquelle l'œuvre a été élaborée.
L'étude du développement, des changements et de l'action réciproque des formules représentatives fait partie de l'iconographie : on emploie une image traditionnelle, par exemple Hermès portant un mouton ou la Victoire en train de voler, pour un nouveau sujet tel qu'un Christ assimilé au Bon Pasteur ou un Ange volant. Quand la nouvelle formule ne s'adapte pas réellement à l'ancienne (Judith représentée sur un cheval de guerre avec la tête d'Holopherne, emprunt fait à l'image consacrée de Salomé présentant la tête de saint Jean-Baptiste), on parle d'une " contamination ".
La méthode iconographique s'applique non seulement aux œuvres d'art figuratives, mais aussi à l'architecture.